Samedi 30 avril 6 30 /04 /Avr 15:21

403px-Edwi_Plenel_-_Huma_2008-_6366.jpgNous avons un nouveau sport national: l'auto-flagellation. Non, ce n'est plus le football, encore que celui-ci prête volontiers son concours à la discipline susmentionnée. Voilà que nous apprenons cette semaine un nouveau scandale autour de la FFF, qui aurait supposément des quotas racistes, qui supposément auraient été validés par Laurent Blanc en personne. Alors la sentence tombe: "Le football français est à l’image de sa société. Le football français est raciste, il exclut". Bon, c'est vrai, je n'ai pas fait dans la dentelle, ces propos viennent de Pape Diouf, qui n’est pas en reste pour se plaindre de racisme. Mais cette citation montre bien ce que cherche à instiguer Mediapart, qui en a fait les révélations : nous auto-flageller. Comme si le dernier fiasco du mondial ne nous avait pas déjà fourni sa bonne dose.

 

Je ne suis pas là pour jouer les avocats de Laurent Blanc, de Fernand Duchaussoy ou qui que ce soit de notre glorieuse fédération nationale de football. Si vous souhaitez connaître un peu mieux le fond de l'affaire, je vous renvoie à l'excellent article  de Pierre Menès, expert ès-football s'il en est. Son analyse footballistique converge avec mon point de vue plus politique sur l'affaire.

 

Pour faire court, il semble que le problème des bi-nationalités de certains jeunes ait été soulevé en réunion à la FFF et que l’idée de quotas officieux ait -supposément- fait son chemin. Deux manières de traiter le sujet : ou bien, méthode journaliste honnête, on expose les faits et on s’interroge sur le bien-fondé de cette question. Ou bien, méthode Mediapart, on veut voir le mal partout et on saute de suite aux amalgames pour dire que c’est du racisme. Simple mais efficace, ils ont manipulé tout le monde.

 

Non, ce qui m'insupporte vraiment dans cette histoire, c'est qu'une fois de plus, Mediapart s'érige en délateur médiatique et en justicier auto-proclamé de la morale publique.

 

La réalité, c'est que Mediapart est ce que l'on appelle communément une presse caniveau, qui fait son pain du mauvais buzz et des accusations à l'emporte-pièce dont les preuves manquent cruellement. Rappelez-vous les vraies-fausses révélations de l'été où Mediapart s'est fait connaître avec l'affaire Bettencourt. Rappelez-vous plus récemment les accusations du journal à l'encontre de l'Elysée qui aurait soi-disant voulu organiser des concours parallèles aux étudiants juifs. Ce qui pose vraiment problème avec ces méthodes, c’est qu’il suffit que les accusations ou insinuations soient lâchées pour qu’elles fassent dégât. Qu’importe de savoir si la FFF est raciste ou non, le mal est déjà fait et la sentence était courue d’avance : nous sommes un pays de racistes. Et vive l’auto-flagellation.

 

Un peu à l'image de Marat durant la révolution française, il semble qu'Edwy Plenel se soit donné la tâche d'accuser publiquement. Ces méthodes me dégoûtent profondément. A l'heure où le climat politique français est plus que délétère, à l'heure où nous avons plus que jamais besoin de reconstruire ensemble une fierté d'appartenir à un même pays (la voie de la gloire footballistique semble compromise dans un avenir proche) et à l'heure où l'on ne cesse d'accuser notre pays d'être raciste, nous n'avons pas besoin de Monsieur Plenel et de ses méthodes d'un autre temps.

 

Vraiment, j'ai failli m'étouffer en apprenant que Richard Descoings avait déclaré au Sciences Po que l'IEP de Paris allait prendre des parts dans Mediapart. C'est absolument hallucinant de soutenir ce type de presse. Ne nous leurrons pas: affirmer la liberté et l'indépendance de Mediapart ne doit pas masquer l'orientation politique de Mediapart, qui n'est que trop évidente vu le passé et la personne de M. Plenel. Comprenez-moi bien : je ne récuse l'idée que la presse doive s'abstenir de tout engagement dans le ton, au contraire. Simplement, le refrain "presse payante pour presse indépendante" ne peut servir de caution d'objectivité pour une presse totalement subjective. Parce que c’est bien cela au fond mon problème avec Mediapart : Edwy Plenel victimise la presse à longueur de journée en répétant que Nicolas Sarkozy tient les médias à sa botte (quand 80% des journalistes lui tirent dessus quotidiennement) et que seul vaudrait, au fond, son avis.

 

Je terminerai par une magnifique citation de Talleyrand (qui a quand même plus de gueule que celle de Pape Diouf): "En politique, ce qui est cru devient plus important que ce qui est vrai". Et ça, Edwy Plenel et comparses semblent l'avoir très bien compris.

 

Vous l'aurez compris, je hais viscéralement les théories complotistes.

Par jpinet
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